Cela fait 15 ans que je vis là, expatrié Parisien, à constater la métamorphose des terres de l’Est de la capitale, débutée il y a plus de 40 ans.
Ici, la maison de “Type” Américain s’étend à perte de vue, effaçant le paysage rural sans manifeste.
L’histoire agricole est gommée d’une simple ligne de parpaings soigneusement rangée pour faire place au désir de Propriété, au rêve d’une nouvelle vie. Les urbanistes y laissent quelques arbres, parfaitement comptabilisés, parce que le bonheur passe tout de même par l’espace et la verdure …
Eldorado urbain, conçu à l’image du schéma nord Américain. Le modèle se propage encore avec force et excès. Soumis à l’abandon étatique, les villes et villages sont parfois laissés à la mégalomanie des Maires et à leurs volontés d’extension.
Pourtant, “Backstage”, derrière ce décor lisse où les écarts ne semblent pas tolérés, il existe des faiblesses, des accrocs. Des lieux ou le regard ne se pose pas, par habitude ou par fuite.
Silencieuse, seul le bruit des voitures vient occuper l’espace sonore des matins et soirs.
En journée, le temps et l’espace se figent.
Tel un conte urbain, l’errance retranscrite dans cette série propose une lecture marginale, opposée à l’équation initiale. Questionnant le temps, la péremption des lieux et de la matière, je suis parti à la recherche d’habitants, étrangers ou voyageurs, peut-être en transit sur ce territoire.
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